Le tournant du GEO rebat les cartes du référencement. Du 18 au 20 mars 2026, le SEO & GEO Summit a réuni à Paris les acteurs du Search autour d’un constat : la visibilité ne se joue plus seulement dans les moteurs de recherche traditionnels, mais aussi dans les IA génératives. Jonas Ressouche et Lucille Montaron, experts SEO et GEO chez Yumens, reviennent sur cet événement et sur les dynamiques qui comptent déjà pour les marques.
Le SEO & GEO Summit, un baromètre du Search en France
Depuis sa dernière édition, le “SEO Summit” a été rebaptisé “SEO & GEO Summit”, actant la métamorphose du Search depuis l’essor des IA génératives. Cet événement, incontournable pour nombre d’experts et d’entreprises, est l’occasion de faire le point sur les tendances du moment et de confirmer les sujets qui structurent le marché.
“Le SEO est toujours le socle, mais le GEO permet d’aller plus haut.” (Jonas Ressouche)
Le SEO & GEO Summit, avec ses 25 conférences, a tout d’un marathon. Nos experts ont assisté à des prises de parole différentes, pour couvrir un maximum de sujets. Découvrez notre récap.
Focus invité : Neil Patel, la caution internationale de cette édition
Invité exclusif du SEO & GEO Summit 2026 et figure majeure du marketing digital, Neil Patel est le cofondateur de NP Digital, propriétaire de la plateforme SEO Ubersuggest et de l’outil AnswerThePublic.
Sa keynote, intitulée “Search Everywhere Optimization: The Next Wave of Search”, donne le ton de cette édition. À retenir de son intervention :
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Une lecture très “macro” du Search, avec l’idée que la recherche ne disparaît pas mais s’étend à de nouveaux points de contact ;
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Un changement de référentiel pour les marques : au-delà des mots-clés et des backlinks, de nouveaux signaux montent en puissance, comme les mentions de marque, les avis, les citations et les données structurées ;
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Une approche plus internationale du sujet, utile pour replacer le GEO dans une dynamique plus globale, qui dépasse le seul marché français ;
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Un message très orienté crédibilité : dans les environnements génératifs, les marques doivent inspirer confiance avant de chercher à convaincre.
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Un Search plus mature et plus mesurable
Le premier signal fort identifié par Lucille Montaron est la montée d’un Search plus sémantique, piloté et business-first. Les contenus ne sont plus évalués sur leur seule capacité à se positionner : ils doivent être assez structurés, utiles et différenciants pour être repris dans des réponses générées.
Notre experte SEO-GEO met aussi en avant la nécessité pour les marques de produire de vrais actifs citables, ce qui passe par :
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de la donnée propriétaire ;
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des benchmarks ;
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des visualisations claires ;
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des contenus capables d’alimenter un narratif de marque crédible.
Enfin, la mesure devient centrale. Le GEO ne peut pas rester un simple terrain d’expérimentation. Sa valeur apparaît quand la donnée aide à prioriser les tests, les contenus et les sujets à plus fort impact business.
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Une visibilité qui se joue bien au-delà du site
Pour Jonas Ressouche, cette édition permet de poser quelques rappels importants. Le premier est simple : le “bon vieux SEO” reste le meilleur allié des IA. Si une page est mal structurée, peu claire ou rarement mise à jour, elle a moins de chances d’être trouvée, comprise puis citée. La notion de retrieval (la récupération des données par les IA) remet donc les fondamentaux SEO au centre du jeu.
Le deuxième enseignement est tout aussi fort : 56 % de la visibilité IA se joue en dehors du site. En effet, les IA s’appuient largement sur des contenus tiers comme la presse, les blogs, les avis, les forums, YouTube ou les réseaux sociaux. Pour les marques, cela change la donne : être visible sur son propre site ne suffit plus.
Enfin, notre expert insiste sur le rôle croissant de l’e-réputation. Les avis et les mentions de marque deviennent des signaux de plus en plus structurants. Cette exigence va de pair avec un autre enjeu éditorial : un contenu trop promotionnel perd en crédibilité. À l’inverse, un contenu neutre, sourcé, comparatif et utile a plus de chances d’être repris.
Ce que cela change concrètement pour les marques
Le SEO & GEO Summit nous permet d’identifier quatre priorités majeures pour une stratégie de visibilité web performante :
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Conserver un SEO solide comme socle indispensable.
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Produire des contenus plus qualitatifs et donc citables : utiles, démonstratifs, moins promotionnels.
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Travailler la visibilité hors site de la marque.
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Piloter l’ensemble avec la data : prioriser les sujets, mesurer la valeur, arbitrer les investissements.
“La data doit driver nos stratégies pour les IA et Google.” (Lucille Montaron)
Autrement dit, le GEO ne remplace pas le SEO. Il impose surtout d’élargir la stratégie de visibilité : plus de surface couverte, plus de signaux, plus de coordination entre contenus, marque et acquisition.
Notre regard sur cette édition 2026 du SEO & GEO Summit
Cet événement confirme un mouvement déjà engagé : tout l’écosystème du Search a pris le virage du GEO. De ce point de vue, l’événement joue bien son rôle de baromètre, en confirmant à nos experts les directions prises par les équipes Yumens ces dernières années.
Le SEO reste la base, mais la visibilité se joue désormais aussi dans les citations, la réputation, les contenus tiers, la data et les réponses générées. Pour les marques, l’enjeu n’est donc plus seulement d’être bien positionnées. Il faut déployer des stratégies globales, en mix-acquisition, pour être utiles, crédibles, visibles, et exister partout où se construit la décision.
Par Juliette Sauvage
Trois notions à retenir, selon Lucille Montaron
Trois notions à retenir, selon Jonas Ressouche